Qu’est-ce que la bléomycine anti-cancéreuse ?

La bléomycine est un médicament de chimiothérapie de la famille des antibiotiques cytotoxiques.

Elle a été découverte au Japon dans les années 60. Cette molécule est aussi connue sous le nom commercial de Blenoxane ®. Elle se présente sous la forme d’une solution transparente et incolore. La Bléomycine est associée à d’autres médicaments pour traiter les tumeurs germinales (cancer des testicules, de l’ovaire), les lymphomes, les cancers de la tête et du cou.

bleomycine-chimio-protocoleAinsi, ce médicament de chimiothérapie fait notamment partie du protocole BEP que j’ai suivi. Les doses de bléomycine sont associée à l’administration des médicaments de chimiothérapie tels que le cisplatine ou l’oxaliplatine et l’étoposide (vp16).

Dans cet article vous trouverez les informations essentielles à savoir sur la bléomycine pour les patients. Mais attention, comme vous le savez si vous me suivez via ma newsletter ou les réseaux sociaux,  je ne suis pas médecin et ne prétend pas l’être.

Ainsi, toutes les informations que vous trouverez sur ce site (et sur internet en général) ne se substituent jamais à un avis médical.

Concernant votre santé et face à l’épreuve du cancer, vos soignants sont des interlocuteurs incontournables. Ce sont les seuls qui pourront vous donner les informations personnalisées et essentielles pour vous et vos soins.

Je vous propose ici mes conseils de patients. Ceux que j’aurais bien aimé avoir quand j’étais en traitement.

N’hésitez pas à laisser un commentaire en fin d’article pour partager votre vécu. Je reste persuadée que l’échange peut aider d’autres personnes qui doivent faire face au cancer. J’ai fait ce site pour vous, patients. Et il est aussi le vôtre.

Le choix de la bléomycine pour les patients et l’anticipation des traitements

bleomycine_chimio

La bléomycine et la chimio

Le choix du recours à ce médicament de chimio est une étape dans un processus de soins déjà bien engagé pour guérir du cancer.

La base est l’étude de tissus prélevés soit par une biopsie soit par chirurgie. Cette analyse est l’anatopathologie qui va permettre d’identifier la tumeur en fonction de ce qui a été vu par microscope. Aujourd’hui, vient s’ajouter l’étude de l’ADN des cellules prélevées. Les résultats obtenus donnent un nom à la tumeur (carcinome, tumeur germinale, lymphome de Hodgkin, etc). C’est grâce aux résultats de cette étude et en fonction d’autres paramètres comme l’âge du patient, ses antécédents qu’un traitement avec de la bléomycine va être déterminé lors d’une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP). C’est également la RCP qui indique la fréquence de l’administration de la bléomycine et les doses en fonction du protocole retenu pour soigner le cancer.

Cette instance réunit généralement des oncologues, des radiothérapeutes, des pharmaciens hospitaliers et toutes autres spécialités médicales qui vont donner un éclairage utile dans le choix des traitements.

Normalement, les patients reçoivent un compte-rendu de la décision de la RCP.

Que faire avant le début d’un traitement et la première injection de bléomycine  ?

Tout d’abord, je suis d’avis qu’il faut toujours préparer ses entrevues avec votre oncologue, surtout avant la première chimiothérapie.

La meilleure manière de le faire, c’est d’anticiper. Un exemple concret : on peut avoir beaucoup de questions en tête et, le moment venu, avoir un « blanc », ne pas savoir quoi dire. Un moyen simple de se préparer à l’entrevue avec l’oncologue est d’écrire la liste des questions que vous vous posez dans les jours précédents votre rendez-vous avec votre oncologue. À titre d’exemple, vous trouverez la liste de toutes les informations indispensables dans mon livre de référence Mieux vivre le cancer : La Bible.

Ensuite, demandez à votre médecin s’il vous faut faire un bilan dentaire. Des dents mal-soignées peuvent être la source d’infection ce qui est très problématique en chimiothérapie. En revanche, quand le traitement contre le cancer a débuté, avoir des soins dentaires est souvent déconseillé. Un éclairage médical sur ce sujet s’impose.

Enfin, si vous ou votre compagne attendez un enfant, prévenez votre oncologue, tout comme si vous avez des désirs de grossesse post-traitements. En chimiothérapie, il est indispensable d’avoir une méthode contraceptive efficace. Il y en a beaucoup comme le signale souvent Martin Winckler, docteur et écrivain.

Par ailleurs, il est toujours très utile de lire la fiche VIDAL de la bléomycine et des médicaments anticancer proposés ainsi que l‘avis de la Haute Autorité de Santé sur la bléomycine. C’est un peu technique… mais toujours éclairant. C’est dans ces documentations officielles que l’on peut avoir les contre indications à la bléomycine. Ainsi, avoir une insuffisance respiratoire grave n’est pas compatible avec son administration.

De même, les patients ayant une insuffisance rénale avérée doivent avoir des doses de Bléomycine mois fortes.

De plus, au niveau des interactions médicamenteuses, les patients sous Bléomycine ne doivent pas prendre du brentuximab (médicament donné pour soigner une forme de cancer du sang)

Se renseigner sur ces données qui concernent votre santé, fait partie des précautions nécessaires pour prévenir les risques liés à tout traitement.

Administration de la bléomycine et effets secondaires

La bléomycine se présente sous la forme de poudre. C’est l’infirmière, avec cette poudre, qui va préparer la solution injectable pour l’administration de la chimiothérapie. L’injection de bléomycine se fait, en intramusculaire ou en sous-cutané.

Avant la prise de la première dose injectable et le début du traitement généralement (même si pour moi, cela s’est fait après la première cure), une chambre implantable est posée. Ce dispositif médical permet d’administrer la bléomycine dans un gros vaisseau sanguin, ce qui préserve les veines superficielles, plus fragiles à la toxicité de la chimiothérapie.

La fréquence de l’administration dépend du protocole de soins retenu.

En parallèle à ce traitement, efforcez-vous de ne pas recourir à l’automédication. Il est d’ailleurs, fortement recommandé de transmettre à votre médecin tous les médicaments que vous prenez de manière régulière même ceux disponibles sans ordonnance. Il faut également le faire pour ce qui concerne les compléments alimentaires ou plantes médicinales. À titre d’exemple, il est indiqué sur l’Action Cancer Ontario, qu’un traitement par bléomycine est contre-indiqué avec l’aspirine. Or, l’aspirine est largement utilisée dans les médicaments en libre-service en France.

De même, concernant la prise de plante (phytothérapie, tisane ou autre), il vaut mieux avoir le feu vert de votre équipe soignante avant toute prise. De manière complémentaire, le site Américain About Herbs propose une base de donnée très complète sur les plantes, leurs interactions connues avec les médicaments et les contre-indications. Il n’y a pas d’équivalent francophone… c’est dommage. Cela étant, ce site est vraiment bien fait et accessible sans être bilingue.

Les effets secondaires de la bleomycine et sa toxicité

Comme tout médicament, les molécules utilisées en chimiothérapie ont des effets secondaires. La bléomycine comme tout médicament en a donc aussi.

Deux choses à retenir sur les effets secondaires de la bléomycine :

  • Tous les effets secondaires de la chimiothérapie ne concernent pas tous les patients,
  • Quand un effet indésirable est ressenti, il l’est de manière très variable d’une personne à l’autre.

Ainsi, la liste qui suit est à relativiser. Je la donne ici à titre informatif et elle ne doit pas susciter d’angoisse particulière. Face au cancer, ou dans la vie en générale, mieux vaut prendre en compte les problèmes de santé présents et non les « potentiels futurs qui pourraient arriver ». Après, ce principe n’empêche pas une certaine anticipation et une vigilance. Cela permet de ne pas être pris au dépourvu à un moment critique.

  • La fatigue: C’est un des effets secondaires classiques d’une chimiothérapie et il peut être massif. Essayez de déléguer les tâches qui relèvent de l’intendance le plus possible,
  • Les aphtes et lésions de la bouche: c’est une conséquence qui peut être très douloureuse et qui empêche une bonne alimentation. Pour épargner vos gencives, pensez à tenir votre brosse à dents comme un crayon, à la choisir la plus souple possible ou à utiliser une toothette © (sorte de bâtonnet avec une tête en mousse). Les bains de bouche sont des indispensables de la prévention pour éviter les aphtes et les lésions buccales,
  • Les nausées et vomissements : face à ces réactions indésirables, privilégiez les aliments neutres, sans odeur. Là également, nous ne sommes pas égaux. Certains patients ne supportent pas la banane, par exemple, d’autres ne mangent que cela… tenter d’identifier les aliments qui « passent bien » chez vous, peut s’avérer très utile,
  • La perte des cheveux : avec un médicament comme la bléomycine, l’alopécie n’est pas forcément totale. Pour autant, il est souvent recommander de vous couper les cheveux, de ne pas les laver, ni les brosser dans les jours qui suivent l’injection de chimio. De plus, pour éviter les réactions il ne faut pas utiliser de gel, ni de coloration pour cheveux durant le traitement et après. Pour éviter l’alopécie, un casque réfrigérant est parfois proposé au patient. Cela dépend du protocole mis en place et des hôpitaux (tous n’ont pas forcément la machine).
  • Une fibrose pulmonaire : ce point sera l’objet d’une vigilance particulière de la part de vos médecins. Tous les patients sous bléomycine doivent passer durant les toutes la durée des traitements des examens (explorations fonctionnelles) pour vérifier cette toxicité spécifique et limiter le risque de lésions,
  • Une hyperpigmentation de la peau : protégez vous du soleil, autant que possible,
  • Et autres.

Même si la solution magique contre ces effets indésirables n’a pas encore été trouvée, il existe beaucoup de ressources pour limiter la toxicité de la chimiothérapie et de la bléomycine.

Votre équipe soignante pourra vous accompagner sur ces sujets. Assister à un groupe de parole aide aussi beaucoup à vivre les moments difficiles qu’engendrent les injections de chimiothérapie.

En parallèle, vous trouverez dans mon livre Mieux vivre le cancer : La Bible plus de 500 pages de trucs et astuces pour vous faciliter la vie face à l’épreuve du cancer et à la chimiothérapie. Ce guide pratique unique est disponible sur mon site laetitialorniac.com, sur Amazon et dans toutes les librairies.

Les situations d’urgence avec la Bléomycine par injection

En cours de traitement par bléomycine, pour tous les effets secondaires inhabituels comme :

  • De la fièvre, des frissons,
  • Une brûlure à l’endroit de la chambre implantable (pendant l’administration de la dose injectable ou après),
  • Un gonflement (œdème) ,
  • Durcissement d’une veine,
  • Une douleur thoracique,
  • Une difficulté pulmonaire (problème pour respirer),
  • Perte de la vision, difficulté à parler, évanouissement,
  • Crachat de sang,
  • Des démangeaisons massives,
  • Taches, rougeurs sur la peau,
  • Ou autres situations anormales,

Vous avez besoin d’un avis médical en urgence. Contacter votre service d’oncologie, le SAMU (le 15), ou aller directement dans un service d’urgence hospitalière.

L’actualité de la chimiothérapie par Bélomycine Bellon

En 2020, la Bléomycine Bellon a été en rupture de stock.

Ces tensions sur le « marché » du médicament et de la santé, sont vraiment scandaleuses. Une dose de poudre injectable de  Bléomycine Bellon est vendue prix de 38,52 € en France, sans doute pas assez rentable.

Pour moi, toutes ces « vieilles » molécules qui sont en rupture de stock devraient être nationalisées. Ces médicaments devraient être produits en France. Cette fabrication nationale devrait être assurée par les autorités sanitaires et l’Etat tout comme une liste de médicaments jugés indispensables à la santé des patients.

Il est fou que la France – et les patients – soient confrontés à ces ruptures de stock de plus en plus fréquentes. Le médicament ne peut pas être considéré comme un produit comme un autre.

Crédit photo de l’article « fiche patient blémomycine : mes conseils  » : © glisic_albina – Fotolia.com

Envie de poursuivre votre lecture ? Rien que pour vous, voici des trucs et astuces pour mieux vivre le cancer, ses traitements et ses effets secondaires :
Poster le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.