La chimiothérapie

La chimiothérapie

La chimiothérapie

 

La chimiothérapie, familièrement appelée « chimio », est une des thérapies contre le cancer utilisant des médicaments. Elle fait partie de l’arsenal thérapeutique aujourd’hui utilisé pour lutter contre les pathologies tumorales avec les rayons (radiothérapie interne et externe), la chirurgie, l’hormonothérapie, l’immunothérapie, etc. La chimio, se décline sous plusieurs formes et regroupe plusieurs catégories.

 

Qu’est-ce que la chimiothérapie ?

La chimiothérapie peut se définir, très simplement, comme le traitement du cancer par la « chimie », autrement dit, les médicaments.

Au-delà de cette simplicité apparente, une autre définition est donnée en fonction du moment où elle commence, comme :

  • La chimiothérapie néo-adjuvante: c’est le traitement donné avant tous les autres,
  • La chimiothérapie adjuvante: elle intervient après retrait de la tumeur (ou forte diminution de sa taille) le plus souvent par l’action de la chirurgie,
  • La chimiothérapie palliative dont l’objectif est de combattre les effets du cancer.

 

Les médicaments chimiothérapeuthiques

Les médicaments utilisés en chimiothérapie sont nombreux. Certains peuvent révolutionner un pronostic. Par exemple, l’introduction du cisplatine ou autres dérivés des sels de platine a très fortement augmenté le taux de survie à 5 ans des malades souffrant de tumeurs germinales malignes dont je fais partie.

Ce qui est appelé « protocole de chimiothérapie » est un traitement normé pour un type de tumeur. Généralement, ce sont des références internationales. Autrement dit, une même tumeur sera traitée avec le même protocole de chimio en France, aux États unis ou en Australie. Ce traitement va combiner plusieurs médicaments en fixant la durée du traitement, le nombre de cures, les fréquences d’administration de chaque molécule, les bénéfices et inconvénients attendus.

À titre d’exemple, le protocole que j’ai suivi pour traiter une tumeur vitelline de l’ovaire est le protocole BEP : associant le cisplatine, la bléomycine et l’étoposide. À la deuxième cure, en raison de nombreux acouphènes, le cisplatine a été remplacé par l’oxaliplatine, deux médicaments dérivés du platine.

Certains médicaments chimiothérapeuthiques ont une balance bénéfice-risque défavorable. Le magazine professionnel pour les médecins et pharmaciens Prescrire publie sur son site internet chaque année une liste de médicaments à écarter et à chaque fois, il y a des médicaments anticancéreux. Regarder cette liste et si un de vos médicaments est nommé, interrogez votre médecin sur les raison de ce choix… et obtenez des réponses car si le traitement se passe mal, c’est vous qui en subirez les conséquences. Il est important de limiter les risques autant que possible.

Qui décide des traitements pour combattre le cancer ?

Le choix du traitement à suivre ne repose pas sur l’avis d’un seul médecin, mais de plusieurs. Ainsi, au minimum trois professionnels spécialisés comme des oncologues, des chirurgiens, des radiothérapeutes, des radiologues, des bio-informaticiens, des pharmaciens hospitaliers, … se réunissent lors d’une instance appelée Réunion de Concertation Pluridisciplinaire ou RCP.

C’est lors de cette réunion que le protocole de chimio est retenu, associé ou pas, à d’autres thérapies contre le cancer.

Le patient a le droit de demander un second avis. C’est notamment possible dans un Centre de Référence de Lutte Contre le Cancer (comme l’hôpital Curie ou l’IGR de Villejuif). Il est même parfois possible de faire cette demande en ligne, à condition de disposer de tous les documents pour éclairer le diagnostic des médecins : comptes rendus de radiologie ou opératoires, histologie de la tumeur, etc.

 

Quelles sont les formes d’administration des médicaments chimiothérapeutiques ?

Les médicaments de chimiothérapie peuvent se prendre de manières bien différentes. Ces dernières sont parfois associées lors d’un protocole de soin en fonction de la pathologie cancéreuse à traiter.

Voici quelques-unes des formes de traitements contre le cancer par les médicaments :

La chimiothérapie systémique est la forme de traitement la plus courante. Elle consiste à traiter le cancer de manière globale. La chimio peut se prendre par oral (per os), ce qui se fait souvent à domicile. Cependant, la forme la plus courante est d’injecter les médicaments dans une grosse veine, à l’aide d’un cathéter (chambre implantable).

La chimiothérapie intratécale : Elle se fait après une ponction lombaire. Les molécules de chimio thérapie sont injectées dans le liquide céphalo-rachidien

La chimio thérapie intrapéritonéale : Concernant la chimio intrapéritonéale, les médicaments sont injectés dans le péritoine à l’aide d’un cathéter, posé au niveau du ventre.

La chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale (CHIP) combine l’acte chirurgical et l’administration de médicament. Les médicaments chimiothérapeutiques sont chauffés, injectés dans l’abdomen et évacués au bout de quelques minutes à une heure. C’est le chirurgien qui exécute ces opérations.

La chimiothérapie intravésicale : Ce traitement est utilisé pour combattre le cancer de la vessie. Le médecin insère un tube par l’urètre pour atteindre la vessie. Par ce procédé, les médicaments chimiothérapeutiques seront directement administrés dans la vessie et après un temps d’attente d’une à deux heures, seront évacués. Généralement, ce traitement a lieu une fois par semaine pendant plusieurs mois.

 

Où se passent les traitements ? Combien de temps durent-ils ?

En fonction du protocole de soins, il y a trois lieux où peuvent se prendre la chimio :

  • En hospitalisation, dans un service d’oncologie,
  • En hôpital de jour, en ambulatoire,
  • À la maison, même si cette forme reste aujourd’hui marginale.

Lors de la présentation des traitements par l’oncologue, n’hésitez pas à demander des précisions sur le lieu où se déroulera la chimio et le temps que cela prendra. Ces informations sont indispensables  pour que vous puissiez vous organiser au mieux.

On ne gère pas de la même manière une séance en ambulatoire ou une hospitalisation de 5 jours. Mieux vaut avoir les moyens d’anticiper ces éléments, ce qui n’empêche pas de conserver une certaine souplesse au quotidien. Parce que des aléas, en chimio, il peut y en avoir beaucoup…

 

Les effets secondaires fréquents des thérapies par chimio

Les inconvénients des chimio sont très variables en fonction des médicaments utilisés et des personnes.

Certains malades disent n’avoir rien ressenti… ce que je trouve toujours un peu curieux. C’est vrai que face au cancer, chacun a sa propre histoire et le vécu d’une personne n’est jamais superposable à celui d’une autre.

Pour ma part, j’ai ressenti des effets secondaires qui se retrouvent bien dans ceux qui sont les plus fréquemment cités :

  • La fatigue : elle peut être massive,
  • L’alopécie (perte des cheveux) : c’est le plus connu,
  • Les nausées, vomissements et troubles digestifs,
  • Les effets sur la peau : sécheresse, desquamation,
  • Les aphtes et mucites,
  • Les modifications de la formule sanguine (aplasie, anémie, …),

Il peut y en avoir beaucoup d’autres.

Pour les prévenir, vous aurez certainement un entretien avec une infirmière du service d’oncologie qui vous exposera les effets indésirables connus des médicaments que vous allez prendre et ce que vous pouvez faire pour les atténuer.

Il n’y a pas de remède miracle. Cela étant, il existe beaucoup de « petites choses » qui peuvent vous aider. J’y consacre une grande partie de mon livre électronique. Ce sont les développements les plus appréciés de mes lecteurs.

Chimiothérapie et cancer : les précautions à prendre

Avant le début des traitements par chimiothérapie, il faudra communiquer à votre oncologue :

  • Vos antécédents médicaux même les plus communs (et ceux qui le sont moins), comme les migraines, allergies, herpès, hypertension, AVC, phlébite …
  • Vos traitements en cours et habitudes au niveau de l’auto-médication (il faudra sans doute modifier ces dernières durant le traitement),
  • Demandez explicitement si vous devez faire un bilan dentaire avant les traitements et s’il y a des restrictions alimentaires à intégrer (typiquement : avez-vous « droit » au pamplemousse ?).

Une fois que vous aurez tous ces éclairages, il vous faudra être vigilant à la régularité des soins, des suivis et de l’hygiène à la maison.

Ce n’est pas une période facile. Le cancer est une épreuve, mais rappelez-vous que vous avez des ressources à votre « disposition ».

Il y a d’abord les accompagnements que peut vous proposer votre centre de soins : médecin-nutritionniste, socio-esthétitienne, psychologue, groupe de parole, ateliers, acuponcture, … les hôpitaux sont inégaux en la matière. Pour connaître les activités de soutien de votre service oncologie, vous pouvez solliciter votre oncologue ou l’infirmière-cadre (autrement dit la chef des infirmières) du service.

Ensuite, les associations, les complémentaires-santé ou les services publics (municipaux ou départementaux) peuvent également vous proposer des prestations spécifiquement conçues pour les malades du cancer ou leurs proches.

Enfin, il y a mon livre électronique Mieux vivre le cancer : La Bible qui expose, en plus de 450 pages, toutes les ressources disponibles pour les personnes devant affronter l’épreuve du cancer. Ce livre est un succès, car plus de 96 % des lecteurs se disent « satisfaits » à « très satisfaits » de sa lecture et des informations qu’il contient.

 

Crédits photo : © Nomad_Soul – Fotolia.com

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