Qu’est-ce que la réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) pour soigner les cancers ?

La réunion de concertation pluridisciplinaire est plus connue sous l’acronyme RCP.

À mon sens, en tant que patiente, il est essentiel de savoir ce qu’est une RCP, ses enjeux pour la santé, son mode de fonctionnement, ses objectifs.

En effet, comme je le dis souvent sur mon site et dans mon livre Mieux vivre le cancer : La Bible, la Réunion de Concertation pluridisciplinaire, illustre bien que le patient atteint d’une maladie grave entre dans un système. S’il ne connaît pas le fonctionnement de ce système, il ne peut être que passif. Et cela, toujours en tant que patiente, je ne le recommande pas.

Car, pour moi, dans certaines circonstances et même face à une maladie grave comme les cancers, la personne malade doit être actif. Cela aide à mieux vivre la maladie. Cela aide aussi à comprendre les traitements, à pondérer certaines décisions et à réagir face à ce système, quand cela devient nécessaire.

Voici donc ce qui est essentiel – pour moi – de retenir d’une RCP.

Nota bene : je vais parler ici (comme vous l’avez compris) des réunions de concertation pluridisciplinaire du point de vue de la personne atteinte de maladies graves comme le cancer. En médecine le sigle RCP signifie également Réanimation cardio-pulmonaire, ce qui n’est pas l’objet de cet article.

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Médecine : A quoi sert une RCP ?

Sommaire de l’article  :

Les objectifs en cancérologie 

Obligation de la tenue d’une RCP ?

La composition : quels médecins ?

Cancer et la procédure de RCP

Décision de la RCP et second avis

Quels sont les objectifs de cette étape dans les traitements en cancérologie ?

L’objectif premier de la RCP est de déterminer la stratégie thérapeutique la plus adaptée à la situation médicale de la personne malade.

Pour cela, la RCP va étudier tout le dossier médical.

Ainsi, en théorie, le dossier de suivi du patient est passé au peigne fin : les résultats de la biopsie, des différents examens comme les IRM, scanners et scintigraphies osseuses et autres.

De plus, les antécédents personnels et familiaux sont également étudiés, comme les habitudes de vie.

Sur la base des éléments présents et de leurs connaissances, les personnes présentes à cette réunion vont déterminer ce qui, pour eux, sera le plus efficace pour soigner le malade. Leur mise en commun permet d’éviter les avis arbitraires. La confrontation des différents points de vue est une garantie pour le patient.

Les conclusions de la RCP vont déterminer le programme personnalisé de soin (PPS). Ce programme de santé regroupe tous les traitements proposés aux malades (chirurgie, médicament, kinésithérapie, etc.).

À l’hôpital, les RCP ont lieu toutes les semaines ou tous les 15 jours au minimum.

Une RCP est-elle obligatoire pour le traitement ?

En cancérologie, la tenue de la RCP est obligatoire. Cette obligation est fixée par l’article D. 6124-131 du Code de la santé publique.

Ainsi, pour une personne malade, toutes les décisions de soins et tous les changements à ces décisions seront pris au sein d’une RCP et non d’un médecin seul. Les conclusions de ces professionnels seront, ensuite, remises aux patients.

Ces décisions sont consignées dans une fiche intégrée au dossier médical de la personne malade. La personne malade peut demander une copie de son dossier médical à tout moment, sur simple lettre. Mieux vaut, toutefois, l’envoyer en lettre recommandée avec accusé de réception.

Quelle est la composition d’une RCP ?

Cette instance médicale réunit – au minimum – trois professionnels médicaux qui interviennent dans les traitements des cancers. Ce sont souvent des médecins, mais pas exclusivement.

Cela peut-être un radiologue, un oncologue, un chirurgien, un médecin-radiothérapeute, un pharmacien hospitalier, un anatomopathologiste.

Des assistantes sociales, profession transversale, peuvent également participer à la RCP. Leur intervention permet de contextualiser les éléments médicaux présents. De plus, grâce à leur connaissance, elles pourront proposer un accompagnement spécifique.

Pour moi, cette profession est méconnue, mais très importante pour alléger la pénibilité « pratique » des traitements du cancer ou de la maladie grave. Et il serait dommage de s’en priver puisque tous les hôpitaux ont des postes d’assistantes sociales qui peuvent aider les patients. Elles peuvent aider le malade dans ces démarches pour avoir une carte de porteur de handicap, de faire une admission en soins de suite, etc.

La réunion de concertation pluridisciplinaire en oncologie

Les RCP ont été mises en place, en premier lieu, pour les malades d’un cancer au début des années 2000.

Elles sont articulées autour d’un coordinateur, d’un secrétariat et des membres participants.

En oncologie, les réunions de concertation pluridisciplinaires sont thématiques. Il y a les RCP digestives, les RCP gynécologiques (cancer du sein, des ovaires, de la vulve, de l’endomètre …), les RCP urologiques (malades du cancer de la prostate, de la vessie, de l’urètre, etc), etc. Les patients sont répartis en fonction de ces thématiques.

À titre d’exemple, voici une présentation et définition faite par les Hospices Civiles de Lyon (valable pour tous les hôpitaux) :

Schématiquement, les RCP vont clôturer la phase du diagnostic du cancer et passer à la mise en œuvre du traitement.

Les réunions de concertation pluridisciplinaire existent aussi dans d’autres domaines de la médecine qui ont des traitements lourds. C’est le cas de la prise en charge de la sclérose en plaques par exemple.

Après la décision de la RCP, peut-on demander un second avis ?

Si la tenue d’une RCP et la rédaction de son compte rendu sur la base d’une fiche sont obligatoires, le patient a tout à fait la liberté de demander un second avis auprès d’un autre centre de soins.

À mon sens, c’est vraiment une recommandation à conserver en mémoire.
Cela d’autant plus quand on observe la carte de France avec les différences de l’incidence des cancers (leurs nombres) et de la mortalité des cancers par Région… on ne peut que constater des différences effarantes entre les régions.

Et ce sont les personnes malades qui en pâtissent.

Si vous voulez creuser cette question, les données sont disponibles sur le site de l’Agence d’État Santé publique France (ex INVS et INCa). Cela se nomme la « cartographie des cancers ».

Vous trouverez un rapport par région. Il vous faudra regarder la pathologie qui vous concerne spécifiquement. Par ailleurs, beaucoup de journaux ont fait la synthèse de ces différents rapports, ce qui est plus pratique que de se coltiner tous les rapports de toutes les régions de France.

En tant que patiente, je considère qu’il faut « sauver sa peau » en y laissant le moins de plumes possible.

Ainsi, avoir les avis de centres véritablement spécialisés en cancérologie, permet d’avoir des éclairages les plus justes possible. Cela est tout à fait essentiel dans son parcours de personne malade.
Crédits photo de l’article : pixabay. com/fr/users/rawpixel-4283981/ fotolia

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