Les tumeurs malignes de l’anus : tout savoir sur ce cancer digestif rare

anus_cancer

Le cancer de l’anus

Les tumeurs primitives et le cancer de l’anus sont rares et concernent un peu plus d’une personne sur 140 000, en France. Les hommes sont légèrement plus touchés que les femmes. Les tumeurs anales malignes primitives représentent 2 % de la totalité des cancers digestifs. Avant de commencer, voici une question (et la réponse qui suit) pour poser le contexte :

L’anus, cela désigne quoi exactement ?

Le canal anal fait partie du système digestif.

Cet organe est une sorte de petit tube qui relie l’anneau anal au rectum. Il est entouré de muscle qui participe à l’évacuation des selles.

L’anus termine le processus de digestion des aliments déjà amorcé par l’estomac pour que les nutriments soient absorbés par l’organisme. Les aliments digérés seront ensuite poussés vers l’intestin grêle, puis le colon (gros intestin) pour enfin être évacués en passant par le rectum et l’anus.

 

Les types de tumeur et cancer de l’anus, ses causes et symptômes

Une tumeur de l’anus peut être bénigne, c’est-à-dire, qu’elle n’aura pas la capacité de former des métastases. C’est notamment le cas des polypes, des verrues, …. La gêne ressentie peut également être due à la présence d’hémorroïdes. Un avis médical est indispensable pour établir un diagnostic.

Au niveau des tumeurs malignes anales, il y a :

  • Le carcinome épidermoïde: c’est la catégorie la plus courante de cancer de l’anus. Dans cet ensemble, il y a plus précisément les tumeurs comme :
    • Le carcinome cloaco-génique, ou basaloïde / transitionnel
    • Le carcinome à grandes cellules kératinisant
    • Le carcinome à grandes cellules non kératinisant
  • L’adénocarcinome
  • Le mélanome
  • La tumeur stromale.

 

Facteurs de risque du cancer de l’anus et causes

Maladie présentée comme multifactorielle, les causes de l’apparition d’un cancer sont très floues.

Aujourd’hui, il est estimé que les causes des tumeurs anales sont notamment :

  • Le papilloma-virus, très fréquent, il est associé à plus de 80 % des cas du cancer de l’anus. Ce virus est très présent chez l’homme. La plupart du temps sans gravité, il peut, parfois être la cause de certains cancers comme celui de l’anus, du col de l’utérus, etc.
  • Des antécédents personnels et familiaux de cancers de la vulve, du col de l’utérus, du vagin notamment,
  • Avoir une baisse de l’immunité provoquée par un traitement (suite à une greffe) ou maladie (Sida),
  • Le tabagisme par le passage des substances toxiques dans le sang,
  • Certaines habitudes sexuelles,
  • L’âge, ce cancer est souvent diagnostiqué aux alentours de la soixantaine,

 

Symptômes du cancer de l’anus

La plupart des cancers avancent de manière silencieuse, les signes annonciateurs apparaissent comme tout à fait anodins ce qui rend le dépistage précoce difficile. Pour les tumeurs anales, les symptômes les plus classiques sont :

  • Des douleurs, des crampes ou des démangeaisons au niveau de l’anus,
  • Des saignements (sang sur le papier toilette) ou présence de mucus (liquide visqueux et quasiment transparent),
  • Une diarrhée et / ou constipation persistante,
  • Tension au niveau de la zone anale qui ne disparaît pas après l’évacuation des selles,
  • Une masse au niveau de l’anus ou gonflement des ganglions lymphatiques dans la région anale ou de l’aine,
  • Perte de poids inexpliquée,
  • Perte d’appétit,
  • Une fatigue,

Diagnostic des tumeurs anales, dépistage et traitements du cancer de l’anus

Le dépistage du cancer de l’anus se fait de différentes manières souvent complémentaires.

La première étape est un échange avec votre médecin. Il est très important de lui signaler tout ce que vous avez constaté d’inhabituel, même si cela vous paraît sans importance. C’est sur cette base que votre médecin pourra aiguiller son diagnostic.

Après cet échange et un examen clinique (palpation, parfois toucher rectal), votre médecin pourra demander des examens pour confirmer ou infirmer le diagnostic du cancer de l’anus :

  • Analyse de sang avec numération formule sanguine,
  • Une anuscopie,
  • Une rectoscopie,
  • Une coloscopie,
  • Une radiographie pulmonaire,
  • Une échographie abdominale,
  • Scanner ou tomodensitométrie qui permet d’évaluer la propagation du cancer de l’anus aux ganglions et tissus voisins,
  • Parfois I.R.M. et une scintigraphie osseuse,

En fonction des résultats obtenus, une biopsie pourra être effectuée. Cet examen consiste à prélever des tissus pour les étudier au microscope, déterminer leur nature (cancéreuse ou pas) et identifier précisément la nature de la tumeur.

Les traitements du cancer de l’anus

Il existe plusieurs types de traitements pour combattre le cancer de l’anus :

  • la chirurgie est le traitement le plus classique,
  • la radiothérapie externe,
  • la chimiothérapie : Le choix des médicaments 5Fu (renseignez vous sur le test du DPD), mitomycine ou cisplatine dépend du type de tumeur de l’anus et de son avancée.
  • la chimioradiothérapie qui associe chimio et radiothérapie en même temps,

Les traitements peuvent être administrés seuls ou de manière combinée.

Ces thérapies contre les tumeurs malignes anales sont déterminées en fonction de la nature de la tumeur, de sa localisation, ses caractéristiques (son grade = son agressivité, son stade = son avancée) et de l’état général du patient. Les traitements contre le cancer sont adaptés au cas individuel du patient.

Sur ce cancer, il peut y avoir des essais cliniques en cours dans les centre de référence de lutte contre le cancer. Si vous êtes intéressé, n’hésitez pas à vous rapprocher d’eux.

Choix des traitements des tumeurs de l’anus : Le rôle de la RCP est crucial

C’est une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) qui va établir le programme de soins du patient en fonction du résultat des examens et notamment ceux de la biopsie et du bilan d’extension de la tumeur. Elle regroupe des spécialistes de l’oncologie dans des domaines complémentaires :

  • des oncologues,
  • des radiologues,
  • des radiothérapeutes,
  • des chirurgiens,
  • des pharmaciens hospitaliers,
  • parfois des informaticiens,
  • et d’autres spécialités en fonction des dossiers.

Il existe une RCP pour chaque thématique : cancer digestif, gynécologique, etc. C’est cette commission pluridisciplinaire qui va proposer le traitement au patient.

Sachez qu’une fois que la proposition de traitement vous a été faite, vous pouvez demander un second avis. L’idéal – à mon sens – est de le faire dans un centre de référence de lutte contre le cancer. Ce sont des structures totalement consacrées aux traitements du cancer avec un pôle recherche et un pôle soins. La demande d’un second avis est gratuite, certaines procédures peuvent même se faire directement sur internet. Il vous faudra communiquer l’ensemble de votre dossier médical dont il faudra demander les pièces – en amont – à votre hôpital.

 

Les solutions aux effets secondaires des traitements du cancer anal

Tous les traitements ont des effets secondaires et c’est particulièrement le cas des traitements contre le cancer.

S’ils sont variables en fonction des personnes malades et du protocole de soins, ils n’en demeurent pas moins bien réels. Un entretien est souvent organisé avec une infirmière pour vous expliquer l’ensemble des effets secondaires généralement constatés pour le traitement retenu.

Globalement, lors des traitements du cancer de l’anus, les effets indésirables les plus souvent ressentis sont :

  • La fatigue,
  • Des nausées et vomissements,
  • Des périodes de diarrhée et de constipation,
  • Une modification de la formule sanguine avec de possibles périodes d’aplasie,
  • Une chute des cheveux et des poils (alopécie),

Sachez qu’ils ne sont pas une fatalité et que pour chacun d’entre eux, il existe des solutions pour les combattre et ainsi mieux vivre les traitements du cancer de l’anus. Votre équipe médicale peut vous aider si vous les solliciter.

Par ailleurs, je consacre une grande partie de mon livre Mieux vivre le cancer : La bible aux moyens de soulager les effets secondaires des traitements du cancer.

Le traitement des tumeurs de l’anus et le risque de thrombose veineuse

Les patients suivant un traitement contre le cancer sont des sujets à risque concernant la thrombose veineuse, et sa complication majeure : l’embolie pulmonaire. Si vous êtes concerné, parlez à votre médecin de vos possibilités pour réduire ce risque (prise d’anticoagulants type héparine, port de bas de contention, etc.).

 

Crédits photo sur la présentation sur le cancer de l’anus : © Romolo Tavani – Fotolia.com

Poster le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

3 × trois =


Une newsletter faite pour vous !

Une newsletter faite pour vous !

 

Rejoignez mes abonnés et recevez toutes les semaines mes trucs et astuces pour mieux vivre l'épreuve du cancer.

Pour vous remercier, vous recevrez en exclusivité les 5 erreurs à ne jamais commettre face au cancer directement dans votre boite mail.

Bravo ! Votre inscription est prise en compte