Cancer et mastectomie totale (des deux seins)

mastectomie_ablation_sein

Cancer et ablation des deux seins

 

 En prévention ou en traitement contre le cancer, l’ablation des deux seins a été vécue par de nombreuses femmes. Pourtant ce sujet reste assez confidentiel, voire tabou.

Dans ce type de cas, à mon sens, une question se pose à propos de la mastectomie totale :

Dans la prévention du cancer du sein : l’ablation des deux seins est -elle une solution contre l’apparition de la maladie ?

Les recherches génétiques ont démontré que les femmes porteuses des gènes BRCA1 ou BRCA2 ont un risque de développer un cancer du sein de plus de 50 % à 70 % avant 70 ans. Le risque de développer un cancer des ovaires est également accru. Ces femmes représentent 0.2 % de la population féminine mondiale. L’ablation des deux seins à titre préventif pour ces femmes permet de faire baisser le risque de maladie à 90 %, mais n’écarte pas tout à fait la possibilité de développer un cancer du sein.

En France, la mastectomie de prévention ou prophylactique reste une pratique médicale marginale.

Sur notre territoire, 10 % des femmes portant ces prédispositions génétiques font le choix d’une mastectomie totale. Le recours le plus classique est un suivi radiologique très rapproché avec prises de clichés radio et IRM. Cependant, l’exposition aux rayons n’est pas anodine puisque les mammographies organisées dans le cadre du suivi avant l’âge de 30 ans chez les femmes porteuses des gènes BRCA1 ou BCRA2 peut favoriser l’apparition d’un cancer du sein en raison de l’exposition aux radiations (cf. travaux publiés au British Medical Journal). En l’état actuel des connaissances, mieux vaut favoriser les IRM (imageries non irradiantes).

Allo Docteur a publié un article intéressant sur le risque de rechute en cas de mastectomie totale.

Mastectomie totale et témoignages : pour sortir du tabou

En 2013, le témoignage d’Angelina Jolie qui a déclaré publiquement avoir subi une mastectomie préventive, car porteuse de prédispositions génétiques a permis de mettre en lumière le parcours de certaines femmes face à cette maladie. 30 % des Américaines porteuses des gènes BRCA1 ou BRCA2 font le même choix. Suite à cette annonce, plusieurs développements ont été publiés.

Le journal Le Monde a publié dans son édition datée du 24 octobre 2013, le témoignage d’Ana intitulé « Ma dernière semaine dans cette vie ». Ce témoignage envoyé anonymement à la journaliste Florence Aubenas pendant les 7 jours avant l’intervention est assez emblématique d’un certain état d’esprit où se mélange la certitude d’être bien prise en charge, la peur de l’opération, le deuil d’une image de sa féminité et le décalage avec les équipes médicales.

Ablation des deux seins ou la reconstruction de sa propre image

Que cela soit en traitement ou par une opération de prévention (ou prophylactique) le choc de la décision, de l’opération et la nouvelle acceptation de ce corps différent sont vécus de manière très personnelle. Le journal Le Monde dans son édition du 17 mai 2013 recueille plusieurs témoignages de femmes ayant eu recours à cette opération « La vie est plus importante qu’une paire de sein ». L’un d’entre eux évoque parfaitement la solitude des femmes face à ce choix. Dans ce cas-là, il ne faut pas hésiter à se rapprocher des associations qui œuvrent pour l’accompagnement des femmes atteintes d’un cancer du sein (les impatientes, les essentielles…). Savoir que l’on n’est pas seule est souvent un moyen de retrouver un certain apaisement pour traverser cette étape. Les échanges de vécu, notamment dans les groupes de paroles, peuvent également être une ressource importante dans cette étape du traitement.

Personnellement, après le traitement contre le cancer des ovaires, je suis allée souvent aux groupes de parole organisés par le Comité de Paris de la Ligue contre le cancer. Je les ai beaucoup appréciés. L’écoute du parcours de chacun et la bienveillance de ces échanges ont été très positifs.

Mieux vivre les conséquences du cancer du sein

Dans mon livre, la partie Toutes les solutions aux effets secondaires des traitements contre le cancer , est la plus appréciée de mes lecteurs. Plusieurs fiches pratiques se consacrent au suivi des femmes ayant un cancer du sein ; entre autres :

  • Comment bien choisir sa prothèse mammaire ?
  • Comment trouver un kinésithérapeute spécialisé dans les suites des soins pour un cancer du sein ?
  • Comment bien choisir son manchon en cas de lymphœdème ?
  • Et plus de 500 pages donnant clés et les solutions pour faire face aux traitements contre le cancer.

Mon guide de référence complet est téléchargeable immédiatement sur ce site. La version papier est disponible sur Amazon.

 

Crédits photo sur la mastectomie © Svetlana Fedoseeva – Fotolia.com

1 Commentaire

  1. gwenaelle

    bonjour,

    j’ai 31 ans et un cancer du sein découvert en mai 2014. cette épreuve est loin d’être facile car on se sent incomprise même par ses proches. on ne veut pas trop les embêter avec nos problèmes, mais en même temps on a besoin de réconfort auprès d’eux.
    Le plus dur pour moi c’est que j’ai un petit garçon de 2.5 ans.Avant mon cancer, j’essayai de faire un autre enfant afin d’offrir à mon petit la joie d’être frère. Après un curetage et une autre fausse couche, j’ai découvert mon cancer. Et la terrible angoisse de ne plus pouvoir avoir d’enfant.
    Certes peut être pourrai je recommencer après, mais pour peut être transmettre à mon tour le cancer à mes enfants et petits enfants, ou voir le risque de faire une récidive. le choix est dur, et pourtant le besoin d’être maman à nouveau est toujours là, jusqu’au point de détester les femmes enceintes.  » Je voulais un bébé, pas un cancer ».
    Aujourd’hui, j’ai fait le test d’ADN afin de savoir si je suis porteuse du gène du cancer. C’est probablement le cas car je suis trop jeune pour avoir ce cancer d’après les docteurs.
    Et là, boum, ils m’annonce que je serai suivi à vie, donc que j’ai toujours un risque de récidive, et que je devrais aller tous les ans à l’hôpital.
    dans un sens, c’est rassurant de se savoir surveiller, mais de l’autre coté, on se dit que jamais on sera tranquille, que la maladie est sur nous, et que l’on combat contre la mort.
    Alors peut être que l’ablation des deux seins est une solution!
    et l’ovariectomie peut être, mais mon désir d’enfant ? le choix n’est pas évident, je continue d’y réfléchir, et je verrai bien quand j’aurai mes résultats d’ADN.
    Peut on vivre sans seins? j’en suis sûr, mais notre mari peut il le supporter?
    je préfère rester en vie et voir grandir mon fils, il a besoin de moi comme j’ai besoin de lui !

Poster le commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

neuf − sept =

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. Apprenez comment les données de vos commentaires sont utilisées.


Une newsletter faite pour vous !
Une newsletter faite pour vous !

 

Rejoignez mes abonnés et recevez toutes les semaines mes trucs et astuces pour mieux vivre l'épreuve du cancer.

Pour vous remercier, vous recevrez en exclusivité les 5 erreurs à ne jamais commettre face au cancer .

Bravo ! Votre inscription est prise en compte