Faire face à un cancer de la vessie

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Affronter un cancer de la vessie

 

Les tumeurs malignes de la vessie touchent plus de 10 000 nouvelles personnes tous les ans, en France. C’est le 5ème cancer le plus fréquent. Dans la grande majorité des cas, les personnes malades sont des hommes même si les femmes sont de plus en plus touchées. La grande majorité des personnes souffrant de ce type de cancer a plus de 70 ans.

Dans le corps, la vessie a un rôle essentiel. C’est un organe en forme de poche, qui recueille les urines avant leur évacuation. Elle est reliée aux reins par les uretères.

Cher lecteur, vous qui lisez ces lignes, rappelez-vous que les informations qui vont suivre ne remplacent jamais ce que vous diront vos médecins. Moi-même, ne suis pas médecin. Je suis une bloqueuse qui veut, avec mon site et mon livre numérique, faciliter la vie des personnes qui font face à un cancer, comme moi-même je l’ai été. Je suis persuadée qu’il y a beaucoup de choses à faire pour alléger le quotidien des personnes malades et de leurs proches. Ça ne remplace pas la découverte de nouveaux traitements, mais ça diminue la pénibilité de certains aspects de la vie d’une personne malade. C’est déjà ça.

 

Quels facteurs augmentent les risques d’avoir un cancer de la vessie ? Quels sont les symptômes ?

Aujourd’hui, il est communément admis que l’apparition d’une tumeur maligne est multifactorielle. Pour autant, il y a des causes probables. Concernant les pathologies cancéreuses de la vessie, les causes sont notamment : le tabagisme, l’exposition à des produits toxiques comme des colorants utilisés dans le tannage des cuirs, des amines présentes dans le goudron (dans le cadre professionnel, cela peut permettre de demander une reconnaissance d’une maladie professionnelle), l’irradiation des voies urinaires, etc.

Il peut en avoir beaucoup d’autres. Vous pouvez consulter l’article plus précis sur ce point que j’ai précédemment écrit : Tout savoir des cancers de la vessie

Les symptômes du cancer sont souvent ténus et peuvent passer inaperçus. C’est toute la difficulté d’un dépistage précoce. Pour les tumeurs malignes de la vessie, il y a notamment :

  • un besoin d’uriner plus fréquent, plus urgent, une douleur au moment de le faire ou une difficulté à uriner (comme pour une cystite),
  • La présence de sang dans les urines (appelée aussi hématurie). Cette présence de sang n’est pas toujours visible à l’œil nu.

Et de manière plus classique :

  • une grande fatigue, une perte de poids inexpliquée, une perte d’appétit, etc.

Dans tous les cas, il est vraiment indispensable de voir un médecin pour avoir un éclairage sur ce que vous ressentez.

Comment se fait le diagnostic des tumeurs urinaires ?

Suite à ce que vous allez décrire et à ce que le médecin va constater par un examen clinique, il se peut qu’il demande des investigations pour étayer son diagnostic. Parmi les examens possibles, il y a : des analyses d’urine avec dosage des marqueurs tumoraux, la cystoscopie, une urographie intraveineuse (une forme de radiographie des voies urinaires), scanner, IRM

Une biopsie est nécessaire pour établir clairement un diagnostic. Elle consiste en un prélèvement des tissus pour analyse. Les tissus recueillis seront analysés au microscope par un anatopathologiste. La biopsie est un examen qui permet à la fois de poser un diagnostic et d’envisager le traitement le plus adapté à la tumeur de la vessie identifiée.

 

Que faire en cas de cancer de la vessie ? Comment s’organiser face aux traitements ?

Lorsque le mot « cancer » est prononcé, il faut se donner du temps pour digérer la nouvelle et relever la tête.

C’est difficile.

Mais dîtes-vous que vous avez des ressources. Généralement, il y a un petit délai avant le rendez-vous avec l’oncologue qui vous expliquera le déroulement des traitements.

Si vous le pouvez, en préparation de cet échange, noter toutes les questions qui vous passent par la tête. Devant le médecin, la charge émotionnelle est forte, et il est fréquent de « ne plus savoir quoi dire ». Avec une liste de questions écrites, vous aurez ainsi un fil rouge pour vous guider. En complément, vous trouverez dans mon livre numérique, toutes les questions indispensables à poser lors de ce premier échange.

Les traitements contre le cancer sont lourds, cependant, chacun les ressent de manière très différente. En l’occurrence, les généralités sont peu représentatives.

De plus, les thérapies dépendent du type de tumeurs identifiées. C’est une instance appelée Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (RCP) qui va retenir les thérapies les plus efficaces vous concernant.

Parmi elles, il y a : la chirurgie, l’immunothérapie, la chimiothérapie (par intraveineuse ou intra vésicale), les rayons, les thérapies ciblées et d’autres traitements en fonction de la pathologie à traiter et des avancées de la médecine.

Les traitements vont dépendre du développement de la tumeur dans et à l’extérieur de la vessie ainsi que de son agressivité.

 

Voici un schéma du développement des tumeurs vésicales : Les stades du cancer de la vessie 1, 2, 3, 4

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Le développement du cancer touchant la vessie et ses stades

 

Il est anglais… je n’ai pas trouvé l’équivalent en français pour autant je le trouve très explicite.

La chirurgie pour traiter les tumeurs de la vessie

La chirurgie est souvent considérée comme le traitement de référence. Il est généralement admis que l’intervention chirurgicale doit être faite dans les 3 mois qui suivent le diagnostic, notamment pour éviter la propagation des cellules cancéreuses dans le reste de l’organisme.

La chirurgie pour retirer la tumeur dépend du développement de cette dernière :

  • pour les tumeurs non infiltrantes, la tumeur est généralement retirée par les voies naturelles,
  • pour les cancers qui ont infiltré le muscle, l’ablation totale est souvent préconisée avec retrait des ganglions et reconstruction des voies urinaires.

Quels que soient les choix des médecins en fonction de votre dossier médical, ne vous sentez pas piégé. Vous avez le droit de demander un second avis, notamment dans un centre de référence de lutte contre le cancer. Pour cela, il vous faudra communiquer l’ensemble de votre dossier médical qu’il faut demander à votre équipe hospitalière.

Par ailleurs, en fonction de l’importance de la chirurgie, il me semble important d’anticiper les conséquences pour vous au quotidien.

Interrogez votre équipe soignante pour savoir si vous aurez besoin d’une rééducation ? Avec quel professionnel ? Cette rééducation aura-t-elle lieu à l’hôpital ? Si elle doit avoir lieu en ville, l’hôpital a-t-il des professionnels à vous conseiller ?

Il vaut mieux anticiper les conséquences post-chirurgicales avant l’opération pour ne pas être mis en difficulté après.

 

Les conséquences de l’ablation de la vessie

La cystectomie est le retrait de la vessie.  Elle concerne environ 3 000 patients tous les ans, en France.

 

Cette opération est lourde et nécessite une hospitalisions de minimum 9 jours. Il faut environ compter environ 8 semaines de convalescence.

La dérivation des urines est de deux types :

– interne : quand l’urètre est préservé, le chirurgien prélève une partie de l’intestin pour recréer une proche que laquelle seront raccordés les deux uretères. Cette poche devra être vidée toutes les 3 heures en continu (jour et nuit),

– externe : une poche externe, au niveau du ventre, collecte les urines. Elle doit être vidée tous les deux jours.

L’ablation de la vessie nécessite une rééducation et un suivi avec un stomathérapeute.

 

Le choix du chirurgien pour une opération de la vessie

Pour n’importe quelle intervention chirurgicale, il vaut mieux avoir affaire à une équipe expérimentée et c’est particulièrement le cas pour les opérations des cancers urologiques.

La cystectomie et notamment sa forme totale avec dérivation urinaire est une opération à risque. 25 % des opérations ont des complications comme des : thromboses, des performations, des fistules, des abcès.

La bonne « nouvelle » c’est qu’il est possible réduire les risques (sans pour autant les annuler) en choisissant un médecin et une équipe qui pratiquent ce type d’intervention régulièrement. Le seuil optimal est estimé à 20 cystectomies par an. Ce seuil est rarement atteint en France. N’hésitez pas à interroger votre médecin sur le nombre de cystectomies qu’il pratique par an. Vous aurez déjà un bon indicateur.

Si cela vous semble pertinent, n’hésitez pas à changer d’équipe après avoir demandé un second avis… même si cela nécessite de vous éloigner de votre domicile. Cela en vaut parfois la peine.

Il faut que vous soyez en confiance et que vous ayez l’écoute de vos soignants. C’est une étape importante pour vous.

 

Si vous êtes concerné, vous également pouvez-vous rapprocher de l’Association des stomisés de France pour avoir des éclairages.

 

La chimiothérapie des cancers urologiques

Après la chirurgie, une chimiothérapie locale est souvent pratiquée par sonde urinaire, dans les 6 à 24 heures avec de la mitomycine C.

 

La chimiothérapie est parfois administrée en première intention en cas de cancer qui s’est propagé en dehors de la vessie. Le protocole nommé « M-VAC » ; il contient :

– du cisplatine,

et l’association du trio :

– méthotrexate

– vinblastine,

– doxorubicine.

 

Les effets secondaires des traitements contre le cancer

Les conséquences des traitements contre les pathologies tumorales dépendent des thérapies suivies.

Le plus souvent, un temps est organisé entre la personne malade et un infirmier pour pouvoir exposer tous les effets indésirables connus des thérapies retenues. L’idéal, comme l’entretien avec l’oncologue, est de préparer cet échange en posant toutes les questions que vous vous posez.

Concernant spécifiquement les traitements des tumeurs de la vessie, les effets secondaires les plus courants sont : une grande fatigue, des symptômes équivalent à ceux de la grippe (frissons, fièvre, courbatures, …), perte d’appétit, modification de la peau, trouble du transit, …

Il est important de solliciter votre équipe soignante pour savoir comment réduire efficacement ces conséquences des traitements. Demandez quelles consultations vous pouvez suivre en complément à l’infirmière-cadre : médecin-nutritionniste, acuponcture, groupe de parole, suivi psychologique, socio-esthéticienne, … l’offre est parfois très vaste même si tous les centres de soins sur le territoire français ne sont pas équivalents en termes d’accompagnement du patient.

Demandez également qui appeler en cas d’urgence (numéro à noter près de votre téléphone) et à communiquer à vos proches.

En complément, vous trouverez dans mon livre numérique plus de 400 pages d’astuces pour alléger ce qui peut l’être face au cancer. La partie sur les effets secondaires est la plus appréciée de mes lecteurs.

 

Face au cancer, mieux vaut porter une attention particulière à l’organisation du quotidien

Je fais partie de ces personnes qui pensent que, dans la vie, il est plus judicieux d’anticiper pour mieux faire face aux problèmes potentiels quand ils arrivent.

Durant les traitements, il est probable que votre quotidien soit relativement modifié. Face à la fatigue, suite aux opérations, à la chimio thérapie ou à la radiothérapie, des gestes ou actions que vous faisiez sans vous en rendre compte avant, vous demanderont (peut-être) un effort considérable.

Ainsi, essayez de lister vos impératifs sur une semaine (garde d’enfants, sortie du chien, ménage, etc) et essayez de réfléchir aux tâches que vous pourriez déléguer. Vous ne le ferez pas forcément, mais en cas de nécessité il vous suffira de solliciter la personne que vous avez désignée pour vous seconder.

 

Le suivi des cancers urologiques

Dans n’importe quelle pathologie cancéreuse, le suivi post-traitement est indispensable. Il est crucial dans celui du cancer de la vessie, car les rechutes ne sont pas rares.

 

Malheureusement, depuis 2012, le traitement de référence qui consistait à injecter une souche atténuée de bacille de Calmette et Guérin comme traitement d’entretien et qui avait fait ses preuves ne peut plus être donné dans sa version optimale. Le laboratoire a arrêté de commercialiser ce produit.

Compte tenu de l’enjeu de santé publique que cela représente, il est bien étonnant que les pouvoirs publics ne s’emparent pas de cette question en rachetant le brevet au laboratoire propriétaire et en déléguant la confection de ce médicament. Cette situation est parfaitement scandaleuse.

Un traitement de substitution a été trouvé et est en cours d’évaluation. Il consiste à chauffer la mitomycine C et à l’injecter régulièrement dans la vessie. Il s’agit d’un protocole expérimental. En 2017, seuls trois établissements en France le pratiquent.

 

Crédit photo :

Sur la présentation générale : © Trezvuy – Fotolia.com

Sur les stades de développement d’une tumeur : cancer bladder © designua – Fotolia.com

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