Cancer et fatigue : comment mieux la gérer ?

Le cancer et le traitement pour le combattre ont de nombreux effets secondaires et entraînent souvent une fatigue intense pour la personne malade. Avec les nausées de la chimiothérapie, c’est un des effets secondaires les plus fréquents. Si cette situation de santé est tout-à-fait normale, elle est très pénible à vivre.

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Ne plus être fatigué avec un cancer, c’est possible ?

L’épuisement est réel pour les patients. La moindre tâche peut demander une énergie colossale et cela d’autant plus quand le sommeil est perturbé.

Personnellement, quand j’étais en plein traitement, la simple perspective de devoir aller chercher une baguette de pain à la boulangerie qui est au bout de ma rue me semblait un objectif insurmontable. Cependant, il faut savoir que même si cela ne change pas la vie, il existe des astuces, des pistes, dont les malades peuvent se saisir pour améliorer cet état de fatigue intense et limiter le stress, malgré les médicaments.

Les informations de votre médecin peuvent vous aider concrètement.

En complément, je consacre une large partie dans mon livre Mieux vivre le cancer : La bible à des conseils faciles à appliquer.

Fatigue chronique, cancer et traitement : savoir organiser son quotidien

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La fatigue que provoquent les thérapies contre le cancer

Pour lutter contre la fatigue durant le traitement du cancer, votre  médecin et son équipe (les infirmières, kinésithérapeutes, …), mais aussi vos proches, vous martèleront qu’il faut vous reposer. Certes, mais comme toujours, c’est plus facile à dire qu’à faire. En chimiothérapie, la fatigue morale et physique, peut être intense et le moindre geste peut sembler incroyablement difficile à effectuer.

Cela d’autant plus, que l’impact de la maladie sur le sommeil est important. Le patient ne peut pas retrouver de l’énergie, malgré les semaines qui passent.

Face à ce gros problème de santé, il faut essayer de repenser son quotidien et ne négliger aucun aspect. Le repos doit être une priorité. Quand l’organisme est reposé, le moral va mieux et vous êtes mieux armé pour suivre les différents traitements contre le cancer.

Face aux traitements contre le cancer : le repos pour réduire le temps de récupération

Pour lutter contre la fatigue pour les malades, il y a des pistes simples à intégrer à ses activités.

Il faudra également vérifier le taux de globules rouges dans le sang pour réduire le risque d’anémie, comme nous le verrons ci-après.

Voici quelques astuces qui pourront vous aider à vous organiser pour vous reposer le plus possible en organisant différemment votre quotidien. Concrètement, la lutte contre la fatigue passe aussi par une revue de son organisation :

Se reposer doit être une priorité pour les patients même en journée :

  • Faîtes de petites siestes, deux par journée : une le matin vers 10 heures, une l’après-midi avant 15 heures, si vous le pouvez.
  • Faîtes-vous aider pour le ménage, contactez votre mutuelle ou vos assurances pour savoir s’ils peuvent prendre en charge le coût de la prestation (ou mieux, regardez les conditions générales de vos contrats),
  • Déléguez au maximum : amis, famille, voisins pour toutes les taches du quotidien (sortir les poubelles, promener le chien, garder les enfants, aller les chercher à l’école, faire la cuisine…),
  • Faîtes vos courses sur internet ou, au minimum, faites-vous livrer à domicile,
  • Ayez une alimentation la plus équilibrée possible… même si en plein traitement, avec les nausées, les aphtes dans la bouche, c’est difficile,
  • Revoyez vos habitudes, en fonction de votre situation de santé générale, il est parfois fortement déconseillé de conduire un véhicule durant la chimiothérapie,

Adapter la vie des patients et l’activité sportive

  • Faîtes du sport durant la semaine : Paradoxalement,  cela aide à lutter contre la fatigue comme nous allons le voir dans les paragraphes suivants. Les effets de l’exercice corporel aide à retrouver de l’énergie, permettent de réduire le risque de phlébite et parfois réduise le risque de douleur. Cela permet aussi, pour l’activité faite en groupe, de renouer des relations d’amitié avec des patients qui vivent les mêmes effets de la maladie sur leur vie et suivent des soins similaires.
  • Aménagez votre domicile avec des informations simples. Il est bien utile de mettre un siège de bain dans la douche et la baignoire. De même, dans chaque pièce de la maison, placer une chaise facilement accessible permet de réduire le risque de chute.
  • Essayez de vous coucher à heures fixes. Si vous avez des problèmes d’endormissement, lisez un peu, écoutez très faiblement la radio, un podcast ou un audiobook,
  • Limitez vos déplacements contraints, pensez aux prises de sang à domicile, aux séances de kinésithérapie à domicile,

Les disciplines qui aident les patients dans leurs changements

  • Essayez-vous à la méditation, cette discipline est parfois proposée au sein de l’hôpital, comme le Qi Gong (hôpital Européen Georges Pompidou) ou la sophrologie (une séance avant de se coucher aider à combattre les troubles du sommeil). Certaines études que je cite dans mon livre souligne que ces disciplines peuvent même atténuer la douleur de certains malades et être à l’origine d’une diminution du stress,
  • En cas d’épuisement de l’organisme, il est utile d’apprendre à tomber. Certains pays nordiques le font. cela permet de prévenir les “mauvaises chutes” et de se faire le moins mal possible.  Il existe des ateliers “équilibre” animés par des ergothérapeutes.
  • La fatigue est physique, mais elle est aussi morale. Il n’y a pas de gêne à aller voir le psychologue rattaché au service d’oncologie. Le fait de parler aide souvent et redonne de l’énergie à la “tête et au corps”.

Vérifier vos analyses sanguines et le taux de cellules

De plus, la fatigue peut être associée à des périodes d’anémie (carence en fer) mais aussi être un des symptômes de l’aplasie et un problème de neutropénie (baisse drastique des défenses immunitaires). Les médicaments perturbent la production des cellules sanguines comme les globules. Le diagnostic d’un problème de cellules sanguines se fait par une prise de sang.

Dans ces cas-là, il faut appliquer des procédures strictes pour limiter le risque d’infection chez soi et avec ses proches.

Par ailleurs, le médecin du patient pourra prescrire des médicaments pour combler ces carences et manques de globules rouges.
En complément, il peut-être utile d’intégrer à ses repas des aliments qui permettent une diminution de ces carences, comme vous le verrez dans mon livre.

Voici une information faite par une équipe de l’IGR sur la fatigue des femmes en traitement d’un cancer du sein  (qui peut concerner aussi la fatigue du cancer du poumon comme toutes les autres pathologies cancéreuses)  :

https://youtu.be/k2nLTH4m_r0

Fatigue chronique et incompréhension de l’entourage

cancer-fatigue-chimioLes traitements, la maladie et l’état de fatigue extrême peuvent être des causes de troubles importants dans les relations des patients.

L’entourage ne comprend plus cet épuisement physique. L’incompréhension peut grandir très vite même au sein de la cellule familiale la plus proche.

Si c’est le cas, essayez d’en parler à un groupe de parole ou au psychologue du service d’oncologie ou autres. Souvent, des retours d’expérience de personnes qui ont été dans la même situation ont des astuces, le plus souvent rhétoriques, qui peuvent désamorcer des tensions et conflits. C’est important de ne pas se laisser dépasser par la situation. L’aide d’un tiers pour garder la tête hors de l’eau peut être très bénéfique.

Lutte contre les causes de la fatigue : comment trouver un sport adapté cancer ?

Comme ailleurs, il n’y a pas de remède miracle, en revanche, il existe des dizaines d’astuces pour se reposer durant les traitements du cancer.

Ainsi, il est souvent recommandé aux patients, quand cela est possible, de faire des exercices sportifs pour lutter contre la fatigue du cancer et des traitements. Il existe de nombreuses possibilités :

  • des activités liées à la marche,
  • ou des méthodes plus originales comme la gymnastique holistique, le Qi-Gong thérapeutique ou le karaté-do (cf. les fiches de mon guide).

À noter : Des associations peuvent proposer des programmes dédiés au sport (type APESEO de la Ligue contre le cancer). En effet, il existe de nombreux sports que les personnes malades du cancer peuvent faire, à condition de s’être assurées qu’il n’y a pas de contre-indication.

A titre d’exemple sur les moyens de lutter contre la fatigue durant les traitements contre le cancer, voici une vidéo de l’Association Française des soins de support :

Poursuivez votre lecture de l’article “traitements contre le cancer et fatigue extrême”

Retrouvez l’intégralité des ressources dont vous pouvez vous saisir dans mon livre. Cet ouvrage est devenu, au fil des années, un livre de référence pour faire face au cancer.

Ce guide unique totalement écrit pour les personnes malades et leurs proches est disponible en format livre papier le site de mon éditeur Ganaca laetitialorniac.com/livres.

crédits photo de l’article sur la fatigue : photo-libre.fr, fotolia, canva

Découvrez mes autres conseils de patiente avec les articles de chimio-pratique.com :

2 Commentaires

  1. Christian L

    Bonjour,

    Vos conseils concernant la chimio me semblent bien utiles pour la plupart des gens.
    Toutefois en cancero, le cas de l’un n’est jamais le cas de l’autre.
    Pour ma part, à 75 ans, j’en suis à mon troisième cancer:
    – prostate soigné par radiothérapie et cyberknife en 2009
    – colo-rectal avec opération, suivie d’une chimio Folfox (12 cures d’oxaliplatine et FU5) en 2012
    – métastase pulmonaire opérée en 2013, avec découverte de 2 cancers primitifs au poumon (enlevés)
    – métastase ganglionnaire pulmonaire découverte en 2015 suivie actuellement d’une chimio (carboplatine et alimta), puis, après 2 cures, d’une nouvelle radiothérapie.
    Je commence à être un habitué !..Et j’ai la chance d’être relativement en bonne forme!
    En ce qui concerne mes chimios et leurs effets secondaires, je n’ai aucun conseil à donner, vous l’avez si bien fait. Cependant je peux dire que grâce à l’apucuncture avant chaque cure, à certains compléments alimentaires, à une bonne dose de vitamine C et de propolis, je les ai correctement supportées.
    Ayant noté tous les effets plus ou moins indésirables de ces chimios, je reste à la disposition de vos lecteurs pour en parler plus amplement.
    Très cordialement.
    Christian L

    • Laetitia LORNIAC

      Bonjour Christian,

      Merci de votre retour d’expérience. Effectivement, comme vous le soulignez, tous les parcours, tous les ressentis sont très personnels. Face au cancer, comme dans d’autres domaines, les généralités sont à relativiser.

      Comment avez vous fait pour trouver un acuponcteur qui vous convenait ? Ses coordonnées vous ont été donnés par l’hôpital ?

      Sinon, pour les compléments alimentaires, il y a quand même plusieurs voix qui incitent à la prudence (notamment, la Société Belge contre le cancer, les Docteurs Beliveau et Gingras, et un intervenant du magazine Vivre de la Ligue contre le Cancer). Certains sont même considérés comme, eux-même, cancérigènes… ce qui est un comble.

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