irinotecan

L’irinotecan et le traitement du cancer

 

 

Contre le cancer, l’irinotécan (aussi appelé Campto ©) est un médicament de référence, notamment contre les cancer du côlon et du rectum. Ce traitement est injecté dans une veine. Pour se faire, et en vue d’épargner le réseau veineux superficiel, l’injection se fait via un dispositif nommé « chambre implantable ». Cette dernière est placée sous la peau et est reliée à un gros vaisseau comme la veine cave.

L’irinotécan est utilisé seul ou en association avec d’autres médicaments ou protocoles de chimiothérapie comme le 5-fu.

Puisque vous lisez ces lignes, c’est que vous êtes concerné par le cancer. Rappelez-vous que rien ne remplace jamais ce que vous dira votre médecin. En revanche, je pense qu’un patient pourra d’autant mieux affronter ce qu’il a à vivre, s’il a les outils pour l’aider. Cela passe par des informations pratiques. Quand j’étais en traitement contre le cancer, ce point m’a vraiment manqué. C’est pour cela que j’ai fait ce site, puis écrit mon livre Mieux vivre le cancer : La Bible.

Prenez ces développements comme des moyens de bâtir un dialogue constructif avec vos médecins. C’est essentiel dans l’épreuve que vous traversez.

 

Avant le début des traitements contre le cancer, notamment avec le Campto ©, ce qu’il faut faire

Quand le diagnostic du cancer tombe, les personnes se retrouvent plongées dans un univers qu’elles auraient préféré ne jamais connaître. Dans leur quotidien, le médical et le paramédical vont prendre une très grande place.

Voici quelques éléments pour vous aider à sortir la tête hors de l’eau :

  1. Listez tous vos antécédents médicaux et tous vos traitements en cours même en automédication (les médicaments en libre-service, les plantes médicinales, les compléments alimentaires, …). Il peut y avoir des interactions avec vos traitements contre le cancer. Il est important pour vous de savoir ce qui est incompatible avec les thérapies que vous devrez suivre.
  2. Il semble que l’irinotécan ait des conséquences sur la fertilité. Si vous avez des désirs d’enfants après le traitement, faites-en part très directement à votre oncologue. Des mesures de préservation pourront être mises en place. A contrario, durant le traitement, votre méthode de contraception devra être extrêmement fiable.
  3. Demandez si vous pouvez manger et boire de tout. Classiquement, l’alcool et le jus de pamplemousse (ainsi que ses dérivés) sont souvent déconseillés.
  4. Demandez si tous les frais de votre traitement sont pris en charge par le 100 %. Dans le privé, cette précision est indispensable, vous pouvez même demander l’établissement d’un devis. Dans le public, certaines consultations sont facturées en secteur 2 et, parfois même si c’est rare, des consultations dépassent les 500 €. Mieux vaut avoir une information claire à ce sujet pour ne pas avoir de déconvenue.
  5. Pour chaque question qui vous traverse l’esprit, n’hésitez pas à la noter sur un petit carnet qui vous suivra partout. Vous aurez ainsi une liste des « questions à poser » lors de votre prochain rendez-vous avec votre oncologue. Vous trouverez aussi dans mon livre, la liste des interrogations que j’estime indispensable.
  6. Demandez à votre oncologue ce que vous devez faire avant les traitements. Il pourra vous recommander de passer un certain nombre d’examens notamment un bilan dentaire.
  7. Lisez la fiche de l‘irinotécan disponible sur le site de la Haute Autorité de Santé.

 

Qui décide du traitement contre le cancer ? Comment avoir un second avis ?

C’est une instance appelée Réunion de Concertation Pluridisciplinaire (connue sous l’acronyme RCP) qui décide des traitements à proposer aux patients. Elle réunit au minimum trois spécialistes pour déterminer, au regard des informations disponibles (âge du patient, résultats des examens, …), quelle est la thérapie la plus adaptée pour combattre le type de tumeur identifiée.

Cette pluridisciplinarité est une garantie pour le patient. La confrontation des points de vue permet de ne pas être soumis à un certain arbitraire.

Pour autant, sachez que chaque patient peut demander un second avis. Pour cela, il vous suffit de demander l’intégralité de votre dossier médical et de contacter un autre service d’oncologie. Il existe, en France, des établissements totalement dédiés au cancer. Ce sont des centres de référence comme l’hôpital Curie à Paris ou l’Institut Gustave Roussy à Villejuif. Pour certaines spécialités, l’IGR propose un service en ligne de « demande de 2ème avis ».

 

Les effets secondaires connus de l’irinotecan (Campto ©)

Face aux effets secondaires des thérapies anticancéreuses, il me semble qu’il y a deux choses à retenir. D’une part, ils ne sont pas systématiques. D’autre part, ils sont très variables d’une personne à une autre.

Ainsi, il ne faut pas vraiment se fier au récit des personnes qui ont suivi le même traitement que vous. Chacun a un ressenti très différent. En revanche, je pense qu’anticiper (sans angoisse) les conséquences des traitements contre le cancer permet de mieux les vivre. Dans cet esprit, si vous ne ressentez rien, ça n’a pas d’impact. En revanche, si vous les ressentez, vous vous serez organisé pour « mieux les vivre ».

Voici la liste des effets indésirables connus du Campto © :

  • Une perte d’appétit, des nausées, des vomissements,
  • Une fatigue intense : ce point est souvent sous-estimé, à tort il me semble,
  • Une perte des cheveux totale ou partielle : personnellement, j’ai suivi le protocole BEP et ai perdu tous mes cheveux. Il me semble qu’il y a un cap à passer. Une fois que l’on s’est fait « à l’idée » (même si cela peut être très difficile), ce point devient secondaire,
  • Des troubles du transit avec des périodes de diarrhée et/ou de constipation,
  • L’apparition de saignements ou de bleus spontanée,
  • Une toux, un essoufflement,
  • Des maux de tête,
  • Des lésions de la bouche,

Il peut y en avoir beaucoup d’autres. Il me semble qu’il ne faut pas hésiter à les suivre de manière très concrète, comme avec des tableaux de bord, et au moindre de doute sur leur potentielle gravité, avoir un avis médical rapidement. En plein traitement contre le cancer, les urgences peuvent être réelles.

 

Sur les moyens d’alléger la pénibilité des effets secondaires, vous avez sans doute des ressources au sein de votre hôpital. Pour savoir quels sont les accompagnements proposés, les infirmières-cadres ou coordinatrices pourront vous aiguiller.

Vous retrouverez aussi dans mon livre Mieux vivre le cancer : La Bible, plus de 500 pages d’astuces pour vous aider à mieux vivre l’épreuve du cancer. C’est une bible unique, sans équivalent. Il est disponible sur Amazon et dans toutes les bonnes librairies.

 

Pour conclure, voici une vidéo sur l’irinotecan :

 

Crédit photo de l’article de présentation sur irinotécan / cancer : © Arcady – Fotolia.com