L’hyperhydratation est un aspect essentiel à considérer pour les patients sous chimiothérapie. Elle consiste à administrer par voie intraveineuse une solution saline afin de stimuler le fonctionnement des reins, en particulier en cas de toxicité rénale liée à certains médicaments de chimiothérapie pour limiter les effets secondaires.
Cet article aborde les enjeux de l’hyperhydratation, ses risques, et comment gérer cet équilibre pendant le traitement.

Il est issu de mon expérience en tant (qu’ancienne) patiente et des informations que j’ai pu collecter.

I. Comprendre l’hyperhydratation et ses effets lors d’un traitement contre le cancer

chimio-eau-cancerL’hyperhydratation se produit lorsque le corps reçoit trop de liquide, souvent en raison d’une administration intraveineuse. Elle est particulièrement courante lors de traitements impliquant des médicaments de chimiothérapie, comme le cisplatine, utilisés dans le protocole BEP (que j’ai suivi) pour traiter les tumeurs germinales des testicules ou des ovaires. Dans de tels cas, l’hyperhydratation est essentielle pour minimiser les risques de toxicité rénale, en plus de l’administration des médicaments.

À chaque cycle du traitement, une hospitalisation est nécessaire pour la suivre. Comme vous pourrez le lire dans mon livre, il existe des moyens pour bien vivre les hospitalisations.

II. Chimiothérapie : Les risques associés à l’hyperhydratation

Bien que nécessaire, l’hyperhydratation peut entraîner des complications. Les symptômes à surveiller incluent des œdèmes, des troubles électrolytiques et une surchauffe des reins. Une surveillance attentive est donc cruciale, ce qui inclut la collecte des urines du patient jour et nuit, afin que l’équipe soignante puisse vérifier leur bonne évacuation, d’où l’hospitalisation sur plusieurs jours.

Les valeurs à surveiller

 chimiotherapie-cancerLes électrolytes, tels que le sodium et le potassium, doivent être régulièrement surveillés pour prévenir tout déséquilibre potentiellement dangereux. Les effets indésirables liés à une hyperhydratation excessive peuvent inclure une diminution des taux de sodium dans le sang, entraînant hyponatrémie et fatigue intense. Le suivi de la fonction rénale est également capital, car le risque d’insuffisance rénale aiguë demeure, notamment chez les patients déjà fragilisés par leur traitement.


L’impact sur le système hématopoïétique et la surveillance requise

L’hyperhydratation peut, en parallèle, impacter la production et le fonctionnement des cellules sanguines (globules rouges, blancs et plaquettes).

La nécessité d’une surveillance accrue pendant le traitement par chimiothérapie

Les médecins surveillent attentivement les signes de surcharge liquidienne, car une hyperhydratation excessive peut entraîner des complications, comme l’œdème pulmonaire ou l’hyponatrémie. C’est pourquoi le bilan hydrique est rigoureusement surveillé (surveillé), cherchant un équilibre subtil entre les besoins en fluides et le risque de surhydratation. Le suivi demande également une vigilance particulière concernant le syndrome de lyse tumorale, un phénomène où la destruction massive des cellules cancéreuses libère des substances chimiques potentiellement dangereuses dans le sang. Ce syndrome peut provoquer une fluctuation rapide des taux d’électrolytes et un déséquilibre métabolique, nécessitant une surveillance accrue et une gestion rapide pour prévenir.

III. Traitement contre le cancer et équilibre hydrique pendant la chimiothérapie

tisane-veinotonique-jambe-legereIl est crucial de maintenir un équilibre hydrique adéquat durant la chimiothérapie. En plus de l’hyperhydratation intraveineuse, les patients doivent consommer beaucoup d’eau, de tisanes (certaines recettes pouvant également réduire les nausées) et d’autres liquides. Dans ce cadre, il faut éviter les boissons sucrées qui ont des effets pénibles et augmentent les risques sur la santé.

Le choix d’un bon régime hydrique est primordial pour optimiser le traitement contre le cancer et le bien-être général. De plus, choisir avec soin une eau minérale en ciblant ses effets (nausées, constipation, etc.) est aussi un moyen judicieux de réduire les effets secondaires des traitements, comme je le détaille dans mon livre Mieux vivre le cancer : La Bible. Ce guide de référence recueille tous mes « conseils de patient ».

IV. Conseils pour l’hyperhydratation à l’hôpital et témoignage d’un médecin malade d’un cancer

Lors de l’hospitalisation pour hyperhydratation, le patient est généralement relié à une perfusion.

Porter des vêtements adaptés

hopital_publicDans ce cadre, je conseille de porter des vêtements qui facilitent l’accès à la chambre implantable, comme des chemises ou des pyjamas avec des boutons à l’avant. Ces astuces allègent l’administration des traitements en rendant le vécu plus confortable.

Se divertir malgré le traitement par chimiothérapie

 De plus, il est recommandé d’avoir à portée de main un livre ou une tablette pour distraire l’esprit pendant les longues heures de perfusion. La présence d’un proche peut également apporter un soutien moral inestimable durant ces moments difficiles. L’importance de la communication avec le personnel médical ne doit pas être sous-estimée, car elle permet d’assurer un suivi personnalisé des besoins hydriques et d’ajuster le traitement en conséquence.

Témoignages d’un médecin

Le Dr Hammel, dans son livre Guérir et mieux soigner : Un médecin à l’école de sa maladie, partage son expérience d’une cure de chimiothérapie contre le lymphome (cancer des ganglions), qu’il a mieux supportée grâce à une perfusion de solution d’hydratation. Cela souligne l’importance de l’hyperhydratation dans le soutien au traitement.

En outre, le témoignage d’un médecin atteint de cancer souligne l’importance de rester actif, dans la mesure du possible, pour stimuler la circulation et réduire l’œdème. Il est primordial de marcher régulièrement dans les couloirs de l’hôpital, même en étant connecté à une perfusion, pour éviter les phlébites et réduire l’œdème.

V. Quand consulter un professionnel de santé lors du traitement contre le cancer ?

Il est crucial de consulter un médecin si des signes « étranges » apparaissent lors de l’administration des médicaments des traitements contre le cancer et durant tout le cycle.
Ces signes peuvent être : un gonflement des membres, une prise de poids rapide ou des difficultés respiratoires. Un suivi régulier avec l’équipe médicale à l’hôpital et votre médecin traitant est essentiel pour ajuster les apports hydriques en fonction des besoins individuels et limiter le risque.

L’hyperhydratation est un élément clé de la prise en charge des patients en chimiothérapie. En étant informés et vigilants, les patients peuvent mieux gérer leur hydratation, minimisant ainsi les risques pour leur santé et optimisant leur traitement.

 Elle est indispensable pour prévenir les complications, telles que l’insuffisance rénale ou l’accumulation de toxines dans le corps. Le rôle de l’hyperhydratation ne se limite pas à la simple prévention, elle est aussi essentielle pour garantir une bonne fonction rénale pendant le traitement. Ainsi, en maintenant un équilibre hydrique adéquat, le transport et l’élimination des médicaments de chimiothérapie sont facilités, réduisant ainsi l’incidence des effets indésirables. Par ailleurs, une hydratation optimale contribue à soutenir les systèmes immunitaires affaiblis en préservant la viabilité des globules rouges et blancs, fondamentaux pour lutter contre les infections.