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Tumeurs inopérables

Dans le cadre des traitements contre le cancer, la chirurgie est souvent le traitement de référence. Seulement, parfois en fonction de la localisation de la tumeur, son retrait par une opération n’est pas possible. Le fait que le cancer ne soit pas opérable, ne veut pas dire que la tumeur n’a pas de traitement. D’autres thérapies peuvent être proposées aux patients (radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie, thérapies ciblées, etc.).

De plus, de nouvelles formes de soins se développent. Je vous propose cet article sur les ressources possibles quand un cancer ne peut pas être opéré, est un extrait gratuit de mon livre Mieux vivre le cancer : la Bible.

Ce guide pratique est devenu un livre de référence pour les personnes malades du cancer et leurs proches. Il est disponible en téléchargement immédiat sur ce site pour la  version numérique et en version « livre papier » sur Amazon.

 

 

 

Quand un cancer est inopérable… les solutions à réfléchir

La chirurgie est un traitement classique contre le cancer. Quand le cancer a été considéré comme inopérable par vos médecins, voici deux pistes de ressources que vous pouvez explorer.

 

Demander un second avis est nécessaire

Le diagnostic de cancer inopérable a été rendu par une réunion de concertation pluridisciplinaire. Ce sont des spécialistes du cancer (chirurgien, oncologue, radiothérapeute, …) qui se réunissent pour discuter des traitements possibles pour les patients et choisir ceux qui sont les plus appropriés.

D’autres professionnels peuvent potentiellement opter vers des choix thérapeutiques différents, ou demander des examens complémentaires, pour avoir un nouvel éclairage sur la situation médicale d’un malade.

Ainsi, à l’aide de votre dossier médical vous pouvez demander l’avis d’une autre équipe hospitalière, notamment dans les Centres de Références de Lutte contre le Cancer. Ce sont des structures totalement dédiées aux pathologies cancéreuses. Elles allient un pôle de recherche et un centre de traitements (cf. fiche de ce guide Où se faire soigner ?).

Il y en a une vingtaine en métropole. Certaines proposent même une procédure de second avis directement sur leur site internet.

 

Se renseigner sur les nouveaux modes opératoires…

La science en général et la médecine en particulier avancent. De nouvelles techniques sont découvertes et peuvent changer le pronostic d’une pathologie.

À titre d’exemple, l’introduction du platine dans les traitements des tumeurs germinales dans les années 80 a totalement modifié le pronostic de ces pathologies.

Ça peut être le cas en chirurgie ou dans les autres thérapies contre le cancer.

Un nouveau mode de radiothérapie

Depuis peu, se développent des techniques de soins comme la radiothérapie stéréotaxique. Elle peut être mise en œuvre en une fois ou en plusieurs séances. Cette technique se décline en trois axes :

  • Le cyberbistouri ou CyberKnife ® : Souvent utilisé pour des tumeurs localisées, sur toutes les régions du corps, cet accélérateur linéaire permet, grâce à son système robotique et ses caméras à rayons X, de s’adapter à la position de la personne et de déplacer les rayons dans toutes les directions en limitant l’atteinte des tissus sains. Elle permet d’intervenir sur des tumeurs du cerveau mais aussi du poumon en s’adaptant à la respiration du patient,
  • Le Scalpel gamma,
  • L’accélérateur linéaire.

 

Cette nouvelle forme de chirurgie peut intervenir sur certaines tumeurs, considérées jusque-là, comme inopérables.

 

Le robot Da Vinci Xi, une solution à un cancer rhino-pharynx inopérable

En 2018, l’Institut Gustave Roussy de Villejuif a réussit à intervenir sur un cancer du rhino-pharynx considéré jusque-là comme inopérable chez un jeune homme de 28 ans.

Grâce à un nouveau robot le :  Da Vinci Xi, l’équipe des docteurs Dr Antoine Moya-Plana, chirurgien ORL et Philippe Gorphes, avec le soutien de la Fondation Philanthropia. L’intervention chirurgicale consistait atteindre la tumeur en la prenant en étau.

Cette intervention était une première et une belle réussite.

 

… et les nouveaux traitements des cancers inopérables

La radioembolisation pour les cancers du foie et du côlon avec métastases

La radioembolisation interne sélective, forme spécifique de radiothérapie, a été présentée au congrès international du foie en 2017. Initiée par l’hôpital Beaujon à Paris, l’étude Sarah a inclus 400 patients, sur plus de 2 ans et dans plus de 25 centres de soins français. Cette technique s’appuie sur l’obstruction de certains vaisseaux, qui vont permettre à des micro-billes radioactives de se diriger directement vers la tumeur à traiter.

Pour quasiment 20 % des personnes malades, la taille de la tumeur a été réduite. Ce traitement permet de penser que des tumeurs inopérables pourraient être traitées par chirurgie après son administration.

Le prix de la cure est de 12 000 €. En 2017, l’Assurance maladie ne remboursait pas tous les traitements par radioembolisation.

La durée d’une séance est de moins de 2 h, celui de l’hospitalisation moins de 48h.

 

Cancer du poumon inopérable :

Concernant le cancer du poumon inopérable, il y a deux pistes à discuter avec les médecins : la tomothérapie et le Pembrolizumab.

La tomothérapie est une mode de radiothérapie particulier qui va avoir une cible extrêmement précise. Elle allie un accélarateur de particule et un scanner intégré. Peu d’établissements proposent cette prise en charge. L’Institut Curie à Paris et le centre Léon Bérard à Lyon proposent cette prise en charge.

Avant de poursuivre cet article sur le cancer inopérable et à titre d’exemple, voici une vidéo de l’institut Curie et d’un patient atteint d’un cancer du poumon inopérable traité par tomothérapie :

 

Survie et nouveau traitement cancer du poumon métastatique ou inopérable

Le 28 novembre 2017, la filiale du laboratoire MERCK, la firme MSD a publié une communication sur les avancées importantes d’un nouveau traitement du cancer du poumon avec métastases ou inopérable.

Ce nouveau traitement d’immunothérapie a été testée sur le cancer du poumon  non à petites cellules PD-L1+ qui concerne 6 000 malades tous les ans. Ce traitement fait intervenir la molécule pembrolizumab ou Keytruda (nom commercial). Avec ce nouveau traitement, le taux de survie à un an est de 70 % contre 54 % pour la chimiothérapie.

Malgré les résultats très positifs de ces études, les freins à l’accès à ce nouveau traitement sont importants, notamment en raison de son coût. Le prix par mois de ce traitement est de 6 000 €.

 

Pour aller plus loin, voici les deux études qui exposent les résultats de ce nouveau traitement du cancer du poumon inopérable ou métastatique :

  1. Langer CJ, Gadgeel SM, Borghaei H, et al. Carboplatin and pemetrexed with or without pembrolizumab for advanced, non-squamous non-small-cell lung cancer: a randomised, phase 2 cohort of the open-label KEYNOTE-021 study. Lancet Oncol. 2016 Oct 10. doi: 10.1016/S1470-2045(16)30498-3
  2. Reck M, Rodriguez-Abreu D, Robinson A et coll. Pembrolizumab versus Chemotherapy for PD-L1–Positive Non–Small-Cell Lung Cancer. NEJM Oct 9, 2016 DOI: 10.1056/NEJMoa1606774

 

Par ailleurs, voici un extrait de l’émission Allo docteur sur les cancers qui ne peuvent pas être opérés :

https://www.allodocteurs.fr/actualite-sante-comment-soigne-t-on-les-cancers-non-operables-_7165.html

 

En complément de cet article, voici ce que des témoignages venant de  la Ligue contre le cancer sur les cancers inopérables.

Crédit photo de l’article sur les cancers non opérables : © nali – Fotolia.com