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Peut-on conduire en chimiothérapie ? Point sur la conduite automobile (ou d’une moto, d’un scooter) pour les patients

Tous les patients en chimiothérapie se sont posés cette question : Est-il possible de conduire sa voiture lors des traitements contre le cancer ?

En effet, comme je le détaille dans mon livre et sur mon site, les effets secondaires des traitements contre le cancer sont tellement importants, qu’ils vont atteindre à peu près tous les aspects de la vie. Même les plus ordinaires, comme le fait de conduire une voiture (ou un deux-roues).

C’est pour cela que pour moi – en tant que patiente – il est essentiel que les personnes malades soient très bien informées des multiples effets secondaires possibles des traitements contre le cancer.

Bien sûr, il ne s’agit pas d’effrayer les personnes malades du cancer. Mais il s’agit de leur donner les moyens de se préparer et d’anticiper les éventuelles difficultés médicales et paramédicales des traitements. Et ces conséquences peuvent concerner la conduite de leur voiture et autres véhicules.

Le déroulement d’une chimiothérapie est loin d’être un long fleuve tranquille.

Les effets secondaires de la chimiothérapie et des autres traitements contre le cancer sont variables d’une personne à l’autre. Leur intensité dépend aussi du patient.

Mais si la personne malade du cancer a pu anticiper ces effets secondaires de la chimiothérapie, elle ne sera pas prise aux dépourvues durant les traitements du cancer. Cela permet d’alléger (un peu) leur pénibilité. Et ça, c’est vraiment un point essentiel pour moi.

Comme je vais le détailler dans cet article, il y a plusieurs éléments à prendre en compte avant de savoir si vous pouvez conduire une voiture ou autres véhicules, en chimiothérapie.

Est-il possible de conduire en chimiothérapie ?

Sommaire de l’article sur la conduite en chimiothérapie :

Priorité n°1 : avant de prendre le volant en chimiothérapie, il faut avoir l’avis de son médecin

Priorité n°2 : conduire sa voiture/moto en chimiothérapie, si on se sent vraiment bien

Priorité n°3 : connaître les alternatives à la conduite pendant la chimiothérapie

Conduire sa voiture et son véhicule pendant la chimiothérapie : demander un avis à votre médecin

Normalement, avant le début de votre traitement contre le cancer, et notamment avant la première cure de chimiothérapie, une infirmière viendra vous expliquer tous les effets secondaires les plus fréquents des médicaments de votre protocole de soins.

Comme je le détaille dans mon livre Mieux vivre le cancer : La Bible (disponible sur Amazon et dans toutes les bonnes librairies), il est très important d’avoir préparé une liste de questions sur les conséquences du ou des protocoles de chimiothérapie que vous aurez.

Lors de cette consultation spécifique sur les effets secondaires de la chimiothérapie, vous saurez aussi où et comment se fera l’administration de la chimiothérapie. Celle-ci se fera-t-elle en hospitalisation (en combien de jours) ? En ambulatoire ? A domicile ?

Vous aurez aussi quels médicaments de chimiothérapie vous aurez et ce qu’ils provoquent.

Concernant la possible conduite d’une voiture en chimiothérapie, il faudra poser la question directement à votre équipe soignante.

De plus, il est particulièrement utile de recouper les informations en sachant si votre chimiothérapie provoque de la somnolence ou une fatigue extrême.

La très grande majorité des chimiothérapies (et cela, quel que soit le médicament utilisé) donne de la fatigue, parfois très intense.

Méfiez-vous des discours qui consistent à dire :

« non, le patient en chimiothérapie ne devrait pas ressentir de fatigue ».

Car, de ce que j’ai pu voir et même si je ne suis pas médecin, ce cas est tout de même relativement rare. La plupart des patients en chimiothérapie ressentent une très grande fatigue et cela est incompatible avec la conduire d’une voiture, encore moins d’une moto ou d’un scooter.

Par ailleurs, j’encourage vraiment les personnes malades en chimiothérapie à lire les notices des médicaments utilisés pour leur traitement. Cela permet d’avoir un éclairage différent. Cela permet surtout de savoir bien réagir en cas d’urgence médicale (comme savoir quoi faire en neutropénie).

En chimiothérapie, avant de prendre sa voiture, il faut évaluer ses forces honnêtement

Comme je viens de l’évoquer, à mon sens, les patients en chimiothérapie doivent connaître parfaitement les effets secondaires possibles de leur traitement contre le cancer.

Ils doivent aussi savoir évaluer leur propre état physique, notamment en ce qui concerne la fatigue.

Prendre sur soi est essentiel pour ne pas être totalement accablé par les conséquences de la chimiothérapie.

Mais cela ne doit pas conduire à un comportement qui nie un état de fatigue réel.

À titre d’exemple, Guy Cornaud dans son témoignage Revivre ! décrit très bien une fatigue extrême qui l’empêche de sortir de son lit.

A contrario, le journaliste Patrick Chêne dans son témoignage sur le cancer de la vessie de stade 2, décrit très bien aussi ses allers-retours entre ses vignobles et les studios de RTL en train et en scooter.

Ce sont deux témoignages dont je recommande la lecture d’ailleurs. Car on voit très bien que les manières de réagir aux traitements sont très différentes d’une personne malade à une autre.

Même si, pour ces deux exemples, les protocoles de chimiothérapie sont différents. Ils ne sont donc pas strictement superposables.

L’important est de savoir si pour vous, vous considérez que vous êtes en capacité de conduire.

Faites ce bilan très simplement, sans fanfaronnade ni bravoure excessive. De toute façon, une personne malade du cancer n’a rien à prouver à personne. Elle doit juste essayer de vivre les traitements du cancer « le moins mal possible ». Ce qui est déjà un challenge en soi.

Avant de conduire sa voiture lors d’une chimiothérapie, renseignez-vous sur les alternatives possibles

Comme je le décris dans mon livre, les personnes malades du cancer ont tout intérêt à faire une sorte de cartographie de leur vie en posant toutes leurs activités et en les classant entre ce qui est : obligatoire, important, urgent, optionnel.

Avec cette méthode très simple, on peut facilement annuler sa présence à tel événement sans culpabiliser. Pour les activités « obligatoires » qui nécessitent de prendre sa voiture, vous pouvez essayer de réfléchir aux alternatives possibles :

  • Pouvez-vous y aller seul en conduisant votre voiture ?
  • Est-il possible pour vous d’y aller en transport ?
  • Pouvez-vous être accompagné ?
  • Pouvez-vous prendre un taxi ?

De plus, pour vos déplacements médicaux, il existe des modalités de remboursement par l’Assurance Maladie. Les critères sont de plus en plus restrictifs. Les médecins « donnent » de moins en moins souvent des bons de transport. Mais cela reste une possibilité.

Par ailleurs, certaines collectivités locales (ville / département / région), souvent rurales, ont mis en place des systèmes de transport à la demande qui sont bien pratiques pour les personnes en chimiothérapie. D’ailleurs, je décris cette possibilité dans une fiche pratique de mon livre pour mieux vivre le cancer, car elle est méconnue. Malheureusement.

Crédits photos de l’article sur la conduite de la voiture en chimiothérapie : pixabay. com/fr/users/Free-Photos-242387/

Laetitia LORNIAC: @chimiopratiqueAprès avoir suivi un traitement contre une tumeur vitelline de l'ovaire, et avoir essuyé de multiples difficultés extra-médicales, je suis convaincue qu'il faut œuvrer pour diffuser une information de qualité pour les patients et les proches. Pour moi "un patient bien informé sera une personne mieux armé face au cancer". C'est pour cela que j'ai fait ce site : aider les personnes malades du cancer et les proches en donnant des trucs et astuces, des aiguillages pour alléger la pénibilité de l'épreuve du cancer. Ca na change pas la vie. Ca ne remplace pas les traitements efficaces. Mais ça aide à ne pas rajouter du drame au drame. Ce qui est essentiel face au cancer. La parole des patients a toute sa place dans ces actions.